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Archive for 9 mai 2009

Poezie de sambata

Reiau seria poeziilor de sambata. Cu regret va anunt ca si cea din sambata asta e total neserioasa.

Complainte du progrès

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d’amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son cœur
Maintenant c’est plus pareil
Ça change Ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l’oreille
Ah… Gudule !.. Viens m’embrasser…
Et je te donnerai
Un frigidaire
Un joli scooter
Un atomixer
Et du Dunlopillo
Une cuisinière
Avec un four en verre
Des tas de couverts
Et des pell’ à gâteaux
Une tourniquette
Pour fair’ la vinaigrette
Un bel aérateur
Pour bouffer les odeurs
Des draps qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux
Et nous serons heureux.

Autrefois s’il arrivait
Que l’on se querelle
L’air lugubre on s’en allait
En laissant la vaisselle
Aujourd’hui, que voulez-vous
La vie est si chère
On dit rentre chez ta mère
Et on garde tout
Ah… Gudule !… Excuse-toi…
ou je reprends tout ça
Mon frigidaire
Mon armoire à cuillers
Mon évier en fer
Et mon poêl’ à mazout
Mon cire-godasses
Mon repasse-limaces
Mon tabouret à glace
Et mon chasse-filou
La tourniquette
A faire la vinaigrette
Le ratatine-ordures
Et le coupe-friture,
Et si la belle
Se montre encore rebelle
On la fiche dehors
Pour confier son sort

Au frigidaire
A l’efface-poussière
A la cuisinière
Au lit qui est toujours fait
Au chauffe-savates
Au canon à patates
A l’éventre-tomates
A l’écorche-poulets
Mais très très vite
On reçoit la visite
D’une tendre petite
Qui vous offre son cœur
Alors on cède
Car il faut qu’on s’entraide

Et l’on vit comme ça
Jusqu’à la prochaine fois.

Et l’on vit comme ça
Jusqu’à la prochaine fois.

Et l’on vit comme ça
Jusqu’à la prochaine fois.

(Boris Vian, Textes et Chansons, Julliard, Paris, 1966)

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